La Broken Chair, chaise cassée en bon français, est avant tout un symbole qui vise à sensibiliser l’opinion public sur l’utilisation des mines antipersonnel.

La Broken Chair, un symbole de la Genève internationale

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Analyste politique et chargé de projet
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A l’orée de son trentième anniversaire, la célèbre Broken Chair continue d’attirer les regards. Son concepteur, Paul Vermeulen, l’avait imaginée pour sensibiliser l’opinion publique sur les effets dévastateurs des mines antipersonnel. Portrait d’un symbole de la Genève internationale.

Au cœur de la diplomatie mondiale est érigé un monument célèbre au-delà des frontières. Œuvre privilégiée des touristes de passage à Genève, la Broken Chair, chaise cassée en bon français, est avant tout un symbole qui vise à sensibiliser l’opinion public sur l’utilisation des mines antipersonnel. Sa signification tient dans l’absence d’un quatrième pied, pour symboliser la perte d’un membre que subissent de nombreuses victimes sur les champs de bataille. Son origine remonte aux années nonante, période durant laquelle la prolifération de cette arme destructrice a engendré une grave crise humanitaire dans de nombreux pays en guerre.

Un symbole bientôt trentenaire

La chaise cassée de Genève soufflera ainsi sa trentième bougie l’année prochaine, elle qui fut inaugurée en 1997. Haute de 12 mètres et pesant près de 5'500 kilos, elle comporte un trait distinctif qui lui vaut sa popularité : elle ne tient en effet que sur trois pieds, comme un symbole des conséquences que causent les mines antipersonnel et plus largement les armes aux conséquences dévastatrices. Le choix de la chaise comme vecteur de ce message repose sur le caractère universel de cet objet. Présente dans le quotidien de chacun, elle s’impose comme un support familier et immédiatement identifiable, capable de transmettre visuellement le fond du message avec clarté.

Une œuvre temporaire qui a traversé le temps

Lors de sa mise en place, l’objectif était d’alerter les autorités sur la situation critique qui sévissait dans les pays en guerre. Le choix du lieu, au milieu de la Genève internationale, permettait de porter un message fort auprès des autorités et des acteurs de la diplomatie mondiale. Sous l’impulsion de Paul Vermeulen, co-fondateur de Handicap International en Suisse, la chaise fut réalisée par l’artiste Daniel Berset, puis mise sur pieds par le charpentier Louis Genève et l’ingénieur Thomas Büchi. 

Selon les plans initiaux, la Broken Chair devait tenir sa place quatre mois, soit jusqu’au mois de décembre de la même année, durant lequel devait intervenir la signature du traité d’Ottawa, tournant majeur en faveur de la lutte contre ces armes. La ratification internationale de cette convention fixait alors un cadre strict, notamment en interdisant l’utilisation et la production de mines antipersonnel.

Mais la popularité de ce monument a finalement eu raison de son échéance, et la chaise fait aujourd’hui pleinement partie du paysage. Bien que des rénovations en 2005 ont menacé son existence, elle est finalement réinstaurée en lieu et place dès 2007. Dans les années qui ont suivi, la chaise est devenue l’emblème de nouvelles luttes, comme le combat contre les bombes à sous-munition ou encore contre les armes explosives. Sa portée symbolique est malheureusement redevenue centrale, dans une période où une recrudescence de l’utilisation des mines antipersonnel est constatée, et plusieurs retraits de pays signataires du traité d’Ottawa menacent l’action contre ces armes.

Après plusieurs remises en état, notamment à cause d’un acte de vandalisme en 2025, la chaise tient par conséquent toujours debout, et continue d’être le portevoix d’une Genève internationale en faveur de la paix, du dialogue et de la construction de ponts entre les nations.

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