Photo de Marco Micello durant l'interview CFC à CEO qui retrace son parcours professionnel d'entrepreneur à Genève

CFC à CEO: Marco Micello, du dessin à la direction d’un bureau d’architectes

Passé par un apprentissage avant de devenir architecte et administrateur du bureau Omarini Micello, Marco Micello défend une voie encore trop peu choisie à Genève. Entre pression sociale, passion et persévérance, il revient sur un parcours atypique qui illustre la force de la formation professionnelle.

Au moment de choisir son orientation, Marco Micello ne suit pas le chemin le plus attendu. Bon élève, inscrit en filière scientifique au Cycle d’orientation, il aurait pu se diriger vers des études académiques classiques. Mais déjà, une évidence s’impose à lui: le dessin occupe une place centrale. «Certaines matières ne m’intéressaient pas, alors que le dessin me passionnait vraiment», raconte-t-il.

Dans un système où l’on pousse rapidement les élèves à se positionner, il ressent la pression du choix. Plutôt que de s’y conformer, il entame ses propres recherches, échange avec ses enseignants et explore différentes pistes. C’est à travers la géométrie et le design qu’il découvre progressivement l’architecture. «Un professeur m’a conseillé de m’y intéresser. En creusant, j’ai compris que c’était un domaine qui faisait sens pour moi.»

Un parcours exigeant, entre travail et études

Son choix d’un apprentissage en CFC de dessinateur en bâtiment surprend son entourage. «Mes parents trouvaient ça étonnant. Ils me disaient que j’avais les capacités de faire des études.» À l’époque, la voie professionnelle souffrait encore plus d’une image moins valorisée. Malgré ces réticences initiales, il reste déterminé. Un premier stage, effectué très jeune dans un bureau d’architectes, vient confirmer son intuition.

Ce choix marque le début d’un parcours exigeant. Après un CFC brillamment réussi, il poursuit sa formation en parallèle de son activité professionnelle, en intégrant des cours du soir. Pendant cinq ans, il enchaîne journées de travail et soirées d’études. «Je travaillais la journée, puis j’allais en cours jusqu’à 22 heures, plusieurs fois par semaine.» Sur une quarantaine d’élèves au départ, seule une poignée ira jusqu’au bout. Un chemin qui illustre concrètement le fonctionnement des passerelles en Suisse, permettant de poursuivre des études supérieures après un apprentissage et de faire évoluer sa trajectoire.

L’apprentissage, école de la rigueur

Loin de parler de sacrifice, Marco Micello évoque avant tout le plaisir d’apprendre. «Ce n’était pas une rage de réussir, mais une passion. Le fait de dessiner quelque chose et de le voir se construire ensuite, c’est une motivation énorme.» Cette immersion précoce dans le monde professionnel lui apporte des compétences qu’il juge aujourd’hui déterminantes: rigueur, autonomie et sens des responsabilités.

Plus de dix ans après avoir obtenu son diplôme d’architecte, il dirige aujourd’hui le bureau Omarini Micello et continue de défendre activement la formation professionnelle. Un engagement qui tient autant à son parcours qu’à une conviction personnelle: «On m’a donné ma chance, on m’a formé. À mon tour de transmettre.»