Les entreprises genevoises face à un défi démographique majeur

Une étude de la CCIG révèle des tensions durables sur le marché du travail. Entre pénurie de personnel qualifié et vague prochaine de départs à la retraite, les employeurs s'inquiètent pour leur avenir.

Trouver les bonnes compétences devient un casse-tête pour un nombre croissant d'entreprises genevoises. Selon la dernière enquête conjoncturelle de la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG), plus d'une entreprise sur trois peine aujourd'hui à recruter les profils dont elle a besoin.

Le phénomène n'a rien de temporaire. Pour la majorité des employeurs concernés, les difficultés de recrutement s'installent dans la durée et commencent à freiner certains projets. Construction, enseignement ou encore services juridiques figurent parmi les secteurs les plus touchés.

Cette tension intervient dans un contexte économique déjà délicat. Les entreprises interrogées attribuent à l'année 2025 une note moyenne de satisfaction de 2,75 sur 5, le niveau le plus faible observé depuis la crise sanitaire.

Une relève qui peine à suivre

Au-delà des difficultés actuelles, les entreprises doivent préparer un défi plus profond encore: le vieillissement de leur personnel.

Selon l'étude, 43% des collaborateurs ont aujourd'hui 45 ans ou plus. Une proportion qui soulève des interrogations sur la capacité des entreprises à assurer le renouvellement des compétences et la transmission des savoir-faire.

Les inquiétudes se concentrent notamment sur les départs à la retraite. Plus de quatre entreprises sur dix anticipent un impact important de ces départs sur leur activité. À l'échelle des sociétés sondées, près d'un quart des effectifs quittera le marché du travail au cours des dix prochaines années.

 

À l'échelle des sociétés sondées, près d'un quart des effectifs quittera le marché du travail au cours des dix prochaines années.

La main-d'œuvre étrangère jugée indispensable

Face à cette évolution démographique, les employeurs rappellent l'importance de la main-d'œuvre étrangère pour l'économie genevoise. Près de 77% des entreprises affirment qu'elles ne pourraient pas fonctionner normalement sans les travailleurs venus de l'extérieur du canton ou de Suisse. Cette dépendance s'explique notamment par la rareté de certains profils sur le marché local.

Les perspectives d'un éventuel durcissement des conditions migratoires suscitent ainsi de vives préoccupations. Selon l'enquête, 78% des entreprises anticipent des conséquences négatives en cas de restrictions supplémentaires.

Les craintes portent sur un ralentissement de la croissance, des difficultés accrues de recrutement et, dans certains cas, une remise en question de certaines activités.

Pour la CCIG, ces résultats mettent en lumière des défis structurels qui dépasseront largement la conjoncture actuelle. La question du renouvellement de la main-d'œuvre et de l'accès aux talents apparaît désormais comme l'un des principaux enjeux économiques du canton pour la prochaine décennie.