Genève, lanterne rouge des grandes villes suisses pour la pratique du vélo
Genève décroche la dernière place du classement de Pro Vélo parmi les grandes villes suisses. L'association pointe un réseau cyclable insuffisant et des infrastructures encore jugées peu adaptées par les usagers.
Genève est moins favorable aux cyclistes en 2025 qu'elle ne l'était quatre ans plus tôt. C'est le constat dressé par Pro Vélo dans son dernier classement évaluant les conditions de la pratique du vélo dans une cinquantaine de villes suisses. La Cité de Calvin hérite de la dernière place parmi les villes de plus de 100'000 habitants, tandis que Winterthour domine ce classement. Toutes catégories confondues, Berthoud (BE) arrive en tête des 56 communes évaluées, alors que Lugano ferme la marche.
Une enquête menée tous les quatre ans
Afin d'évaluer les atouts et les difficultés rencontrés par les cyclistes, Pro Vélo publie tous les quatre ans une vaste enquête en ligne. L'association, qui défend les intérêts des usagers du vélo, s'appuie sur un questionnaire composé de 32 affirmations, réparties en six catégories. Chaque critère est noté sur une échelle de 1 à 6.
Pour l'édition 2025, 38'466 personnes ont participé à l'enquête, permettant de classer 56 communes. La moyenne nationale s'établit à 3,9. Berthoud obtient le meilleur résultat avec une note de 4,4.
Parmi les grandes villes suisses, Genève (3,6) est devancée par Zurich (3,7), Lausanne (3,7), Bâle (4,0), Berne (4,2) et Winterthour (4,3). Au classement général, la ville se situe au 49e rang sur 56.
Le canton peut toutefois s'appuyer sur de meilleurs résultats dans plusieurs communes. Meyrin, dans la catégorie des villes de moins de 30'000 habitants, et Vernier, parmi celles de moins de 50'000 habitants, obtiennent toutes deux une note de 4,0 et figurent parmi les meilleures villes romandes. Carouge suit de près avec une moyenne de 3,9.
À Genève, la note recule en revanche de 3,7 en 2021 à 3,6 en 2025, signe d'une dégradation des conditions de circulation pour les cyclistes. En Suisse romande, seules Sierre (3,4) et Montreux (3,5) affichent un score inférieur.
Un réseau cyclable jugé insuffisant
Plusieurs facteurs expliquent la mauvaise performance de la ville de Genève. Le rapport pointe notamment les lacunes du réseau cyclable. Cette catégorie évalue notamment la facilité à rejoindre sa destination ainsi que le confort de circulation sur les principaux axes routiers. Alors que la moyenne nationale atteint 4,2, Genève obtient une note inférieure de 0,2 point.
L'enquête met également en évidence un déficit en matière de stationnement pour les vélos. Avec une note de 3,5, Genève est à égalité avec Lausanne et figure parmi les moins bonnes élèves. Les répondants évaluent aussi bien le nombre de places disponibles que leur qualité et leur niveau de sécurité. Concernant la sécurité routière, le confort général des déplacements et l'importance accordée au vélo par les autorités, Genève occupe l'avant-dernière place parmi les grandes villes. Seule Zurich obtient des résultats plus faibles sur ces critères.
Un enjeu majeur pour la mobilité
Ces résultats mettent en lumière plusieurs défis pour l'aménagement de la ville. Alors que la mobilité douce séduit un nombre croissant d'habitants dans leurs déplacements quotidiens, elle s'impose comme un enjeu central des politiques publiques.
Dans un contexte où les collectivités cherchent à développer une mobilité multimodale, combinant plusieurs moyens de transport, l'enquête rappelle les difficultés propres à une ville dense comme Genève. Porté par son dynamisme économique, le canton doit concilier les besoins des différents usagers de la route, tout en garantissant leur sécurité. À Genève plus qu'ailleurs, ces questions restent au cœur du débat public.