La criminalité gagne du terrain à Genève
Publié le par:En trois ans, le nombre d'infractions au Code pénal a bondi de 14,1% dans le canton, alors que la population n'a crû que de 3,7%. Les atteintes au patrimoine restent le principal moteur de cette évolution, tandis que les violences graves et la cybercriminalité affichent des tendances préoccupantes.
À Genève, les chiffres de la délinquance ont pris l'ascenseur. Entre 2022 et 2025, les infractions au Code pénal sont passées de 43'838 à 50'020, soit une augmentation de 14,1%. Dans le même temps, le nombre d'habitants n'a progressé que de 3,7%, de 517'802 à 537'191 personnes. Conséquence: la fréquence des délits s'est accrue, passant de 86 à 94,2 cas pour 1’000 habitants.
Les atteintes au patrimoine pèsent lourd
C'est dans les infractions contre le patrimoine que se concentre l'essentiel du phénomène. Leur nombre a augmenté de 14,9% entre 2022 et 2025, passant de 32'057 à 36'844 cas.
Dans le détail, les vols ont crû de 6,7%, les vols de véhicules de 19,1% et les cambriolages de 2,3%. Des évolutions d'ampleur variable, mais qui contribuent ensemble à maintenir la pression sur les statistiques cantonales.
Un phénomène plus rare attire néanmoins l'attention: les home-jackings. Leur nombre est passé de 11 cas en 2022 à 18 en 2025, ce qui correspond à un bond de 63,6%. Ces intrusions violentes dans des logements occupés, accompagnées de menaces ou de contraintes, restent peu nombreuses en valeur absolue. Leur impact dépasse toutefois largement leur poids statistique, puisqu'elles frappent les victimes au cœur même de leur intimité et peuvent durablement altérer le sentiment de sécurité.
Les violences les plus graves gagnent du terrain
Autre signal préoccupant: les infractions contre la vie et l'intégrité corporelle ont augmenté de 8,5% en trois ans. Les formes les plus sévères affichent, elles, une croissance de 21,4%. Le nombre de viols a notamment bondi de 32,3%, tandis que les tentatives d'homicide sont passées de 42 à 50 cas. Ces données appellent toutefois une lecture prudente. Une évolution statistique peut traduire davantage de faits commis, mais aussi une propension accrue des victimes à porter plainte.
Plus de 2000 cas liés à la violence domestique
Les violences commises dans le cadre familial ou conjugal suivent également une courbe ascendante. Les autorités ont recensé 2008 infractions en 2025, contre 1743 trois ans plus tôt, soit une augmentation de 15,2%.
Près d'une affaire sur deux implique des partenaires intimes: dans 48,1% des cas enregistrés en 2025, la personne lésée et la personne prévenue étaient en couple. Un chiffre qui souligne le poids persistant de la violence au sein des relations conjugales.
La cybercriminalité bondit de près de 40%
C'est l'une des évolutions les plus spectaculaires de la période. Le nombre d'infractions commises par des moyens numériques est passé de 2129 en 2022 à 2963 en 2025, soit un bond de 39,2%.
Hameçonnage, piratage, escroqueries et vols de cryptomonnaies concentrent à eux seuls 93% des délits numériques recensés. Cette mutation témoigne d'un déplacement croissant de certaines activités criminelles vers les écrans, où les auteurs peuvent toucher un grand nombre de victimes sans contrainte géographique.
Un paysage criminel en pleine mutation
Au-delà du nombre total de délits, les données dessinent surtout une transformation des menaces auxquelles Genève est confrontée. Les atteintes aux biens demeurent largement dominantes, mais elles côtoient désormais l'essor rapide des délits numériques et des signaux préoccupants concernant les violences les plus sévères.