«Nous ne pouvons plus maintenir le même train de vie», a résumé devant la presse la conseillère d’État chargée des finances Nathalie Fontanet.

Genève dévoile son plan d’économies, mais reste dans le rouge

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Rédactrice - analyste économique
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Le Conseil d’État genevois a présenté jeudi son projet de budget 2027 et les mesures du plan d’économies ECOGE. Malgré 247,7 millions de francs d’économies prévues, le canton affiche encore un déficit de 546,2 millions. À l’horizon 2030, la facture pourrait atteindre 2,8 milliards.

Genève veut changer de cap. Mais le chemin vers l’équilibre budgétaire s’annonce encore long. Le Conseil d’État a présenté jeudi devant la presse son projet de budget 2027, qui prévoit un déficit de 546,2 millions de francs, malgré un plan d’économies de 247,7 millions. 

«Nous ne pouvons plus maintenir le même train de vie», a résumé devant la presse la conseillère d’État chargée des finances Nathalie Fontanet. Le gouvernement dit vouloir concentrer les augmentations de charges sur six priorités, dont le soutien aux personnes vulnérables, la sécurité, la formation, les transports publics et le numérique.

24 mesures ECOGE acceptées

Sur les 77 propositions du programme ECOGE, 24 sont acceptées et 13 modifiées. Quinze restent à l’étude et 25 sont écartées. Les mesures ECOGE doivent permettre d’économiser 57,4 millions de francs en 2027, auxquels s’ajoutent les autres mesures décidées par le Conseil d’État. Au total, le plan intégré au budget améliore le résultat de 247,7 millions.

Dans le détail, les mesures présentées par le gouvernement prévoient notamment deux jours de congé en moins lors du pont de fin d’année, une réduction de certaines prestations de l’aide sociale, une évolution du nombre d’élèves par classe au secondaire II, une diminution de la durée de certains séjours hospitaliers ou encore une adaptation du nombre de contrôleurs fiscaux. Le gouvernement veut également revoir certaines missions confiées aux HUG et à l’IMAD. 

Un transfert de charges de 134 millions de francs vers les communes est également prévu. Un effet majeur sur le résultat du projet de budget 2027. Le Conseil d'Etat avait déposé un projet de loi en juin 2025, compte tenu de son gel par la Commission des finances en octobre 2025, les effets dont la mise en oeuvre était initialement prévue en 2026 ont été actualisés et décalés en 2027. Selon Nathalie Fontanet, Genève est «le seul canton dans lequel il n’y a pas de partage dynamique des charges», à l’exception notamment de la petite enfance. «Les communes sont ensemble plus riches que le canton, c’est un fait», a-t-elle déclaré.

Le déficit continue de grimper

Le plan d’économies ralentit la dégradation, mais ne suffit pas à rétablir l’équilibre. Les déficits devraient atteindre 714 millions en 2028, 758 millions en 2029 et 790 millions en 2030, soit près de 2,8 milliards de francs cumulés. «Il n’y a à ce stade aucune perspective de retour à l’équilibre» à l'horizon du plan financier quadriennal, constate la Conseillère d'Etat en charge de l'économie Delphine Bachmann. La détérioration intervient malgré une progression soutenue des revenus, tandis que «les marges de manœuvre du canton continuent de se réduire».

Pour Nathalie Fontanet, «cette projection de déficit est très inquiétante, surtout avec une augmentation des charges contraintes qui va crescendo et que nous devons impérativement tenter de stopper.» Ces charges contraintes et mécaniques augmentent de 486,6 millions de francs dans le projet de budget 2027. On parle ici notamment de subventions aux personnes physiques (assurance maladie, aide sociale, formation). de la politique publique de santé (prestations stationnaires hospitalières), de la formation (augmentation besoins éducation spécialisée), et de mobilité (hausse de l'indemnité à la communauté tarifaire intégrale en raison d'une augmentation tarifaire décidée au niveau national. Leur maîtrise nécessitera pour certaines des modifications législatives.

L’annuité maintenue pour les fonctionnaires

Malgré ce contexte financier tendu, le Conseil d’État a décidé de rétablir l’annuité pour la fonction publique en 2027, après sa suspension en 2026. Aucune indexation n’est en revanche prévue. «La fonction publique ne peut pas être chaque année une variable d’ajustement», justifie Nathalie Fontanet. Le nombre de postes augmentera par ailleurs de 0,6% en termes réels, soit 108,1 équivalents temps plein supplémentaires.

Pas question de repartir en douzièmes

Après une année 2026 sans budget, le gouvernement veut éviter un nouveau blocage. Le déficit sous le régime des douzièmes provisoires atteint 682,6 millions de francs, soit davantage que celui prévu dans le projet de budget 2027. Une situation que le canton ne peut pas se permettre, estime Nathalie Fontanet. Le gouvernement appelle désormais les députés à agir, rappelant que plus les décisions sont différées, plus les ajustements sont importants et plus les marges de manœuvre des autorités cantonales se réduisent.

«Nous sommes convaincus que nous avons besoin d’un budget 2027 et il faudra que les députés fassent des propositions pour obtenir des majorités. Nous avons fait notre part», conclut la Présidente du Conseil d'Etat Anne Hiltpold.

Le projet de budget doit maintenant être examiné par le Grand Conseil.

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