Klark Riethauser, le basketteur genevois qui vise la NBA
Publié le par:À 18 ans, le basketteur formé à Genève vient de signer son premier contrat pro avec l'Élan Chalon. De ses premiers paniers à Genève à son rêve de NBA, Klark Riethauser assume son ambition sans brûler les étapes.
Dans les médias, on parle de lui comme le nouveau prodige genevois du basket. Mais à 18 ans, Klark Riethauser ne prend pas la grosse tête pour autant. Quand on lui parle de ce statut, il le prend avec beaucoup de recul : «Ça ne met pas vraiment la pression. C'est plutôt une preuve de confiance, des gens qui croient en moi. Je reste concentré, je ne prends pas vraiment la grosse tête.»
Du haut de ses 2m06, le jeune homme cite Kevin Durant comme son modèle absolu, un joueur qu'il observe en boucle depuis les finales NBA regardées avec son père quand il était plus petit. A l’époque, il commence le basket vers 5 ou 6 ans, avant de bifurquer vers le foot et surtout le tennis. Il devient même champion de Suisse U10. Une trajectoire qu’il délaisse par frustration : « Je m'énervais trop. J'ai fait une pause, et mes amis faisaient tous du basket, je voulais jouer avec eux. »
C'est à Genève, au Veyrier-Salève Basket Club qu'il apprend les bases, notamment grâce à Mickael Delaville, celui qu'il considère comme le coach qui lui a «tout appris». Pour lui, Genève a joué un rôle essentiel: «Genève, sincèrement, c'est vraiment ce qui m'a fait découvrir déjà tous les sports et qui m'ont aidé à devenir le sportif que je suis aujourd'hui.» Mais pour progresser, il décide de partir. À 15 ans, il quitte Genève pour intégrer le centre de formation de l'Élan Chalon, en France, guidé par de grands formateurs comme Romain Chenot.
Un choix payant, même si certains entraîneurs, par le passé, n'y croyaient pas du tout et lui prédisaient un retour en Suisse au bout de deux mois. Une critique qu'il a transformée en élan: «Ça m'a juste donné envie de leur prouver qu'ils avaient tort.» Aujourd'hui, il estime d'ailleurs que la Suisse a encore du chemin à faire sur la formation: « Ce qui manque, ce seraient des jeunes coachs un peu partout en Suisse » pour encadrer les joueurs dès le plus jeune âge et leur éviter de prendre du retard.
Selon lui, tomber tôt sur un bon entraîneur peut faire une vraie différence. Il cite son propre parcours : à 11 ou 12 ans, il est tombé sur un coach qui l'a bien formé et qui lui a permis de progresser suffisamment pour partir à 14 ou 15 ans.
Le coup de fil de Clint Capela
Au moment de choisir son avenir, courtisé par de prestigieuses universités américaines, Klark Riethauser fait face à un dilemme. Il peut compter sur les conseils de sa famille et de son coach mais aussi de Clint Capela, l'international suisse des Houston Rockets, pour l'aider à trancher entre Chalon, Antibes, l’Espagne, ou encore les États-Unis. Le conseil du pro? Aller là où c'est le plus dur, bien manger, bien récupérer, et s'entraîner plus que tout le monde, en particulier sur le un contre un.
Plutôt que les universités américaines, Klark Riethauser finit par choisir les pros en Europe. Il signe son premier contrat avec l’Elan Chalon en juin 2026 : «Les gens voient l'argent ou l'exposition aux États-Unis, mais en Europe, avec du temps de jeu au milieu des pros, les franchises NBA ont plus confiance en un joueur qui s'est aguerri ici. Et plus on est jeune, plus on est attractif pour la Draft», cette soirée estivale où les équipes NBA choisissent les jeunes talents, à laquelle il devrait avoir accès en 2027.
Mais malgré cet objectif, le Genevois ne veut pas brûler les étapes. À 18 ans, il sait que la Draft NBA est encore loin et insiste sur le travail qu'il lui reste à accomplir : «J'ai encore plein de choses à faire, je n'ai pas accompli de grandes choses encore.»
Des sacrifices aussi
La vie de sportif professionnel demande un vrai investissement quotidien. À Chalon, Klark est loin de sa famille et voit beaucoup moins ses amis de Genève. Parfois, face à la fatigue des entraînements, il envie un peu ceux qui peuvent rentrer tranquillement chez eux le soir après leur journée. Mais il assume totalement ce choix : «Les gens ne voient pas forcément les sacrifices. Mais si on sait pourquoi on est là, ce n’est pas dérangeant.»
À ceux qui aimeraient suivre son parcours, il conseille de rester soi-même : «Faire ce qu'on sait faire. Pas besoin de surjouer pour impressionner les coachs. Juste bosser, avancer !»
*Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de notre nouvelle série consacrée aux sportives et sportifs genevois, afin de mettre en lumière leurs parcours et de valoriser le rôle du sport dans le rayonnement et l’attractivité du canton. Retrouvez le premier épisode avec Johan Manzambi ici.