Quel salaire pour les jobs d’été à Genève?

Le 8 mars, les Genevois se prononceront sur une modification de la Loi sur l’inspection et les relations du travail (LIRT). Près de cinq ans après l’entrée en vigueur du salaire minimum, le Grand Conseil souhaite assouplir le cadre légal pour les jobs d’été. 

Les jobs d’été pourraient bénéficier d’un cadre salarial spécifique à Genève. Le scrutin du 8 mars 2026 portera sur une modification de la Loi sur l’inspection et les relations du travail (LIRT) adoptée par le Grand Conseil le 30 octobre 2025. Le projet prévoit d’introduire un régime dérogatoire destiné à relancer les emplois estivaux pour les étudiants. 

Concrètement, ces jobs seraient rémunérés à 75% du salaire minimum cantonal, soit 18,44 francs de l’heure en 2026. Pour la majorité parlementaire, cette adaptation vise à tenir compte du caractère temporaire et occasionnel de ces activités, tout en maintenant le principe du salaire minimum pour les emplois ordinaires. 

La mesure concernerait uniquement des activités exercées durant les vacances scolaires ou universitaires par des étudiants immatriculés dans un établissement reconnu. La durée maximale serait limitée à 60 jours par année civile. 

Selon les partisans du texte, il s’agit de redonner de la souplesse au marché du travail estival, sans ouvrir la porte à une remise en cause générale du salaire minimum. 

Une offre en net recul 

Aujourd’hui, les jobs d’été sont soumis au régime du salaire minimum au même titre que les emplois dits ordinaires. Une dérogation est possible selon le droit cantonal, mais à des conditions strictes, rarement remplies en pratique. 

Lors des travaux parlementaires, plusieurs intervenants ont estimé que ces conditions limitaient fortement le recours aux emplois estivaux. Cette situation aurait contribué, selon eux, à la raréfaction de l’offre de jobs d’été dans le canton. Selon un sondage mené par la FER Genève à l’été 2024, parmi les entreprises qui ne proposent pas ou plus de jobs d’été, 61% d’entre elles ont cité le salaire minimum comme raison principale de la suppression de ces postes. Le Grand Conseil constate aussi, dans ses débats en commission, une diminution de l’offre de places de travail estivales au sein des communes genevoises ces dernières années. 

Le cadre actuel 

Entré en vigueur en novembre 2020, le salaire minimum genevois était initialement fixé à 23 francs de l’heure. Indexé chaque année sur la base de l’indice des prix à la consommation, il atteindra 24,59 francs en 2026. 

Il s’applique à toute personne travaillant sur le territoire cantonal. La loi prévoit toutefois plusieurs exceptions, notamment pour les contrats d’apprentissage, les stages conventionnés de formation ou d’insertion professionnelle et les contrats conclus avec des mineurs. Les secteurs de l’agriculture et de la floriculture bénéficient d’un régime dérogatoire fixé à 18,07 francs de l’heure. 

Ailleurs en Suisse 

Parmi les cantons ayant introduit le salaire minimum, certains ont prévu des exceptions concernant les jobs d’été. Dans le canton du Jura, le salaire minimum ne s’applique pas aux entreprises soumises à une convention collective de travail et les salaires prévus par contrat-type de travail l’emportent sur le salaire minimum. Au Tessin, le salaire minimum ne s’applique pas aux personnes en formation dans la mesure où cela aboutit à une certification reconnue. 

A Neuchâtel, le salaire minimum ne s’applique pas aux emplois de vacances que la législation neuchâteloise définit comme : des emplois occupés pendant leurs vacances par des jeunes de moins de 25 ans suivant une formation menant à l'obtention d'un titre reconnu au niveau suisse et faisant l'objet de contrats de travail de durée déterminée d'au maximum trois mois par année civile. 

Jugeant cette dernière solution équilibrée, le modèle neuchâtelois a été cité lors des débats comme source d’inspiration pour l’élaboration du projet de loi. 

A Genève, la modification de la LIRT a été assortie du référendum obligatoire par le Grand Conseil afin de permettre son entrée en vigueur le plus rapidement possible. Elle sera donc soumise au vote populaire le 8 mars 2026. Ce sera d’ailleurs le seul objet cantonal de cette votation.