CFC à CEO: Alji Dervisi, une carrière construite sur le terrain
Parti d’un CFC d’agent de propreté, Alji Dervisi dirige aujourd’hui près de 450 collaborateurs à la tête de la succursale genevoise de Honegger. Il défend l’apprentissage comme le socle d’une carrière entrepreneuriale et managériale.
C’est en fin de cycle d’orientation qu’Alji Dervisi choisit l’apprentissage. Inspiré par son oncle, entrepreneur dans le nettoyage, et accompagné par son frère jumeau, il voit dans le CFC d’agent de propreté un tremplin entrepreneurial.
Ses parents, d’abord favorables à un parcours académique, finissent par soutenir son projet face à sa détermination. « Je voulais construire quelque chose de solide », explique-t-il.
Après son CFC, il crée sa propre entreprise de nettoyage, qu’il développe durant sept ans. Rapidement, il comprend que la formation continue sera déterminante. Il obtient un certificat de leadership en 2017, puis un brevet fédéral de spécialiste en gestion d’entreprise en 2022, diplôme accessible uniquement avec un CFC en poche.
Pour lui, cette progression illustre l’un des atouts majeurs du système suisse: commencer par un métier, puis évoluer jusqu’à des fonctions managériales. « Le CFC m’a donné la crédibilité pour parler le même langage que mes équipes. Je connais le terrain, les contraintes, la rigueur du métier. »
« Le CFC m’a donné la crédibilité pour parler le même langage que mes équipes. Je connais le terrain, les contraintes, la rigueur du métier. »
Genève face au défi de l’apprentissage
À Genève, à peine 5 % des jeunes sortant du cycle choisiraient l’apprentissage. Un chiffre qu’il juge « alarmant ». Dans une ville internationale, marquée par la présence d’organisations et une forte valorisation des études supérieures, la voie professionnelle souffre d’un déficit d’image. « On a besoin de personnes formées, qualifiées. Le tissu économique en dépend. »
Pour inverser la tendance, il plaide pour une sensibilisation précoce des élèves… mais aussi des parents. « Il faut montrer des exemples concrets de réussite. Et surtout laisser les jeunes choisir un métier qui leur plaît. »
Aujourd’hui père d’un garçon de deux ans, il affirme qu’il encouragerait son fils à envisager l’apprentissage, sans l’imposer. « Les parents sont les premiers modèles. Si je peux l’inspirer, ce sera par l’exemple. »
En un mot, il définit l’apprentissage comme une « fondation ». Une base technique, humaine et managériale qui lui a permis de passer du terrain à la direction d’une structure de plusieurs centaines de collaborateurs.