Le groupe d’experts mandaté par le Conseil d’État genevois propose 58 mesures pour économiser 533 millions de francs d’ici à 2029. Prestations sociales, effectifs de l’État, transports publics ou encore organisation du gouvernement figurent parmi les pistes mises sur la table.
Pourquoi Genève cherche à faire des économies
Le Conseil d'État prépare un plan d'économies pouvant atteindre 533 millions de francs d'ici à 2029. Dette, dépenses publiques, effectifs de l'administration: plusieurs indicateurs montrent que Genève se distingue du reste de la Suisse. Explications.
Le Conseil d'État genevois doit prochainement annoncer les mesures qu'il entend retenir parmi les 58 propositions formulées par le groupe d'experts piloté par Stanislas Zuin. Le catalogue présenté en mai dernier identifie jusqu'à 533 millions de francs d'économies potentielles d'ici à 2029. Pour le gouvernement, l'enjeu est de freiner la progression des dépenses publiques.
L'exécutif constate que les charges de l'État augmentent désormais plus rapidement que ses recettes. Entre 2019 et 2025, les dépenses cantonales ont progressé de 2,3 milliards de francs, soit une hausse moyenne de 4% par an. Sur la même période, les recettes fiscales ont augmenté de 1,7 milliard de francs, correspondant à une croissance annuelle moyenne de 3,5%.
Au-delà de cette évolution récente, plusieurs indicateurs permettent de mieux comprendre pourquoi les finances genevoises font aujourd'hui l'objet d'une telle attention.
Le canton le plus endetté de Suisse
Selon une étude de l'Institut CREA d'économie appliquée (HEC Lausanne), Genève est le canton le plus endetté du pays. En 2022, sa dette brute représentait 36,5% du produit intérieur brut (PIB), contre une moyenne cantonale de 15,9%. Si ce ratio a diminué depuis 2020, où il atteignait 45,4%, l'écart avec les autres cantons demeure important.
L'étude relève également que les principales phases d'endettement sont notamment intervenues entre 2001 et 2006 puis entre 2010 et 2014, alors même que les recettes fiscales progressaient et que la conjoncture économique restait favorable.
Des recettes fiscales élevées
L’État de Genève dispose pourtant de ressources fiscales importantes. En 2022, les recettes fiscales cantonales et communales atteignaient 21'344 francs par habitant. Un montant supérieur de 76% à celui du canton de Vaud et qui représente plus du double des recettes fiscales enregistrées dans le canton de Zurich.
Les dépenses publiques suivent la même tendance. Toujours en 2022, elles dépassaient 26'300 francs par habitant, ce qui représente environ 45% de plus que dans le canton de Vaud et près de 50% de plus qu'à Zurich ou à Zoug. Ces chiffres placent Genève parmi les cantons les plus dépensiers de Suisse.
Une administration importante
Le canton se distingue également par la taille de son administration. Avec près de 60 emplois équivalent plein temps pour 1000 habitants, Genève est le deuxième canton suisse en la matière derrière Bâle-Ville. Les rémunérations figurent elles aussi parmi les plus élevées du pays. Le salaire médian dans l'administration cantonale dépasse 9’000 francs par mois.
Reste désormais à savoir quelles mesures le Conseil d'État retiendra parmi celles proposées par les experts. Les arbitrages du gouvernement sont attendus dans les prochaines semaines.