Un rapport propose 533 millions d’économies pour l’État de Genève
Le groupe d’experts mandaté par le Conseil d’État genevois propose 58 mesures pour économiser 533 millions de francs d’ici à 2029. Prestations sociales, effectifs de l’État, transports publics ou encore organisation du gouvernement figurent parmi les pistes mises sur la table.
Le rapport était attendu. Sa publication risque désormais d’alimenter de vifs débats politiques. Jeudi, le Conseil d’État genevois a dévoilé les conclusions du groupe d’experts chargé d’identifier des pistes d’économies dans le fonctionnement de l’État. Au total, 58 mesures ont été proposées pour un potentiel de 533 millions de francs d’ici à 2029.
Piloté par l’ancien magistrat de la Cour des comptes Stanislas Zuin, le groupe de travail avait reçu une mission claire: trouver des économies sans augmenter les impôts. Le constat posé dans le rapport est frontal. Genève offrirait des prestations publiques nettement plus généreuses que la moyenne suisse, tout en proposant à ses employés des conditions parmi les plus favorables du pays.
Remise à niveau avec les autres cantons
«Les prestations publiques genevoises sont les plus généreuses de Suisse», a résumé Stanislas Zuin devant la presse. «Il n’est pas nécessaire d’être premier de classe avec 200 mètres d’avance sur le deuxième», a-t-il ajouté pour justifier la philosophie générale du rapport.
Près des deux tiers des économies envisagées (soit 349 millions de francs) reposent justement sur cette idée de «remise à niveau» par rapport aux autres cantons. Les experts proposent notamment de revoir certaines prestations sociales, de remettre en cause la gratuité des transports publics pour les jeunes et les retraités ou encore d’augmenter le dividende versé par la Banque cantonale de Genève (BCGE) aux collectivités publiques.
Le rapport suggère aussi de transférer davantage de charges vers les communes. Une participation communale à hauteur de 20% du financement des TPG permettrait, selon ses auteurs, d’économiser 30 millions de francs pour le canton. En contrepartie, les communes obtiendraient une place au conseil d’administration des transports publics genevois.
Au-delà des prestations, le groupe de pilotage s’attaque également au fonctionnement même de l’administration cantonale. Quelque 145 millions de francs d’économies pourraient être réalisés grâce à des mesures dites «d’efficience». Parmi elles figure le non-remplacement de 90 départs à la retraite par an pendant trois ans. Les experts assurent toutefois que les fonctions directement en contact avec la population, comme les policiers ou les enseignants, seraient épargnées.
Un Conseil d'Etat à 5 membres?
Une autre proposition a particulièrement retenu l’attention: la réduction du Conseil d’État de sept à cinq membres, avec un regroupement des départements. Cette mesure nécessiterait une modification constitutionnelle et donc un vote populaire. Selon le rapport, elle permettrait d’économiser environ 7 millions de francs par an.
Le personnel de l’État n’échapperait pas non plus aux efforts demandés. Le rapport propose notamment de réduire de deux ans à un an la protection salariale en cas de maladie, de supprimer le congé de fin d’année offert aux employés ou encore de repousser de 58 à 60 ans la décharge d’âge des enseignants.
«Évidemment que cela va générer des mécontentements», a reconnu la conseillère d’État aux finances Nathalie Fontanet. «On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs», a-t-elle ajouté.
Le Conseil d’État, qui dit avoir pris connaissance du rapport mercredi seulement, ne se prononce pas encore sur le fond. Son président Thierry Apothéloz a indiqué que le gouvernement rendra ses arbitrages d’ici à la fin du printemps.