«Cette initiative met en danger la voie bilatérale»
Présent mercredi à Lausanne dans le cadre d’une conférence publique sur l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions », le conseiller fédéral Beat Jans a accordé une interview à notre rédaction.
En déplacement à Lausanne mercredi pour une conférence publique sur l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions », le conseiller fédéral Beat Jans a défendu la position du Conseil fédéral face à un texte qui relance le débat sur l’immigration, la croissance démographique et les capacités d’accueil du pays.
La Suisse connaît une crise du logement, des transports saturés et un sentiment d’insécurité en hausse. Pourquoi le Conseil fédéral s’oppose-t-il à cette initiative qui vise à limiter la population ?
Beat Jans: Tout d'abord, il s'agit d'une initiative très extrême. Elle veut inscrire un chiffre très strict dans notre constitution. Deuxièmement, cette initiative met en danger la voie bilatérale, car elle vise à mettre fin à l'accord sur la libre circulation des personnes. C'est un grand risque de faire cette expérience dans ces temps très incertains, alors que nous avons besoin de nos voisins et de ne pas fermer les portes. Troisièmement, elle va aggraver la pénurie de main d'œuvre en Suisse d'une manière très sévère. Nous avons des problèmes déjà maintenant, car notre société vieillit et nous avons besoin de beaucoup de personnel.
Si les étrangers ne peuvent plus venir s’établir en Suisse, quel impact une telle initiative aurait-elle sur le nombre de frontaliers ?
Beat Jans: Les frontaliers ne sont pas directement touchés par cette initiative, car elle veut limiter la population résidante permanente en Suisse. Mais si les entreprises en Suisse ne peuvent plus trouver des gens dans l'Union européenne, elles seront peut-être tentées de recruter plus de frontaliers et cela ne va pas résoudre les problèmes en Romandie.