L’apprentissage, un accès direct à l’emploi encore peu choisi à Genève
La formation professionnelle reste la voie majoritaire en Suisse au secondaire II. À Genève, la situation est différente: les filières générales dominent largement, et l’apprentissage en entreprise reste marginal à la sortie du cycle d’orientation.
À Genève, l’apprentissage en entreprise reste une voie minoritaire. À la sortie du cycle d’orientation, seuls 4% des élèves s’y engagent. Un niveau qui place le canton au dernier rang national.
À l’inverse, les filières générales concentrent la majorité des choix. Plus de 67% des élèves s’y orientent, soit la proportion la plus élevée du pays.
Les Genevois favorisent les voies générales
Si l’on élargit l’analyse aux moins de 20 ans, un peu plus de 30% des jeunes à Genève choisissent une formation professionnelle. Il s’agit le plus souvent de cursus à plein temps en école ou de parcours après réorientation.
Ce niveau reste nettement inférieur à la moyenne nationale. En Suisse, plus de 65% des jeunes optent pour une formation professionnelle, que ce soit en apprentissage dual ou en école.
Plusieurs cantons dépassent cette moyenne, comme Zurich (73,6%) et Berne (73,5%). Même les cantons affichant les proportions les plus faibles, comme Bâle-Ville (50,7%) ou Vaud (43,5%), restent nettement au-dessus de Genève (32,9%).
Un écart qui s’inscrit dans la durée : depuis le début des années 2000, la part d’élèves qui s’orientent vers le collège oscille entre 42% et 48%, pour s’établir autour de 45% en 2023.
Dans le même temps, l’apprentissage dual a reculé jusqu’au milieu des années 2010, avant de se stabiliser autour de 4%. Cette évolution s’explique notamment par la progression de l’École de culture générale (ECG), ainsi que par le développement des structures de transition, dont la part est passée de 7% à 16%.
L’apprentissage, vecteur d’insertion dans le marché du travail
L’apprentissage reste néanmoins un levier important d’accès à l’emploi. En combinant formation théorique et expérience en entreprise, il permet une insertion rapide sur le marché du travail. Ainsi, 73% des titulaires d’un CFC obtenu en dual en 2023 occupaient un emploi 18 mois après leur formation. En parallèle, environ 10% poursuivaient leurs études.
Au-delà des choix initiaux, le système suisse se distingue par sa flexibilité. Les passerelles entre filières permettent aujourd’hui de poursuivre sa formation ou de se réorienter en cours de parcours. Ainsi, de plus en plus de jeunes professionnels décident de poursuivre leur scolarité dans une Haute école, une école supérieure ou à l’Université. Grâce à la maturité professionnelle, les apprentis diplômés peuvent accéder directement aux hautes écoles suisses, tandis qu’une passerelle leur permet d’accéder aux universités, écoles polytechniques et hautes écoles pédagogiques du pays.
Et cette transversalité fonctionne : dans la fin des années nonante, plus d’un jeune sur deux s’arrêtait à une formation professionnelle de base, contre 31,4% aujourd’hui. Ce chiffre démontre que de plus en plus d’étudiants décident de parfaire leurs compétences en suivant un cursus supérieur. En parallèle, le nombre de diplômés de Hautes écoles a plus que triplé, en passant de 9,5% en 1996 à 31,3% en 2025. Une progression qui illustre la montée en qualification, sans remettre en cause le rôle de la formation professionnelle dans le système suisse.