Le financement des start-up progresse en Suisse, pas à Genève

Près de trois milliards de francs ont été investis dans les start-up suisses en 2025, selon le Swiss Venture Capital Report. Si la dynamique est forte au niveau national, Genève enregistre un net recul des montants levés et perd des places au classement des cantons. 

Près de trois milliards de francs. C’est le montant levé par les start-up suisses en 2025. En hausse de 23,9 % en 2025, ce montant fait partie des plus importants jamais atteint sur les dix dernières années. Ces chiffres, issus du Swiss Venture Capital Report publié ce mardi par startup.ch en collaboration avec l’Association suisse des investisseurs en capital et de financement (Seca), témoignent d’une résilience de l’écosystème helvétique. Le rapport souligne en effet « un contexte international peu favorable, marqué par une instabilité politique persistante, une croissance économique modérée et des perspectives incertaines pour les secteurs exportateurs ». Malgré ces vents contraires, les investissements continuent d’affluer, portés principalement par la biotechnologie, qui totalise 946 millions de francs, et par les technologies de l’information et de la communication (TIC), avec 773 millions.  

Genève chute au classement 

À Genève, le tableau est sensiblement différent. Les start-up du canton ont levé 77,5 millions de francs en 2025, en recul de près de 71% sur un an. Un montant qui place Genève au cinquième rang national, loin derrière Zurich (1’192 millions), Vaud (578,9 millions), Bâle-Ville (572,3 millions) et Zoug (268,7 millions). C’est la première fois depuis 2021 que le seuil des 100 millions n’est pas atteint. 

Le nombre de tours de financement est pourtant élevé: 25 en 2025, contre 21 en 2024 et 19 en 2022. Un indicateur qui suggère une fragmentation des levées, majoritairement de petite taille. En clair, Genève multiplie les projets, mais peine à faire émerger des opérations d’envergure. 

Après avoir rivalisé avec Vaud et Zurich ces dernières années, le canton semble aujourd’hui décroché des principaux moteurs de l’innovation suisse, également dépassé par Zoug, qui a su structurer un positionnement clair autour de la fintech. 

Les leviers pour rebondir existent pourtant. Le plus immédiat est fiscal. Si la taxation de l’outil de travail est pratiquée dans l’ensemble des cantons, Genève cumule deux désavantages majeurs: l’impôt sur la fortune le plus élevé de Suisse et l’absence de tout abattement, contrairement à ce qui se fait ailleurs. Pour les fondateurs, chaque levée de fonds accroît ainsi la valeur imposable de leur entreprise, sans amélioration de leur liquidité, ce qui pèse directement sur l’attractivité du canton.