Les conseils pour lancer son entreprise à Genève

Vous avez l’envie de lancer une entreprise à Genève, mais vous ne savez pas par où commencer ? Business plan, statut juridique, financement, impôts… Voici quelques conseils pour transformer une idée en projet solide et éviter les pièges du démarrage.

Lancer son entreprise est une aventure enthousiasmante, mais aussi exigeante. À Genève, comme ailleurs, l’entrepreneuriat ne s’improvise pas. Entre la préparation du projet, le choix de la forme juridique, le financement et les obligations fiscales, plusieurs étapes clés sont indispensables pour mettre toutes les chances de son côté. Voici quelques conseils: 

1. Etablir un business plan

La toute première étape pour créer son entreprise est d’élaborer un business plan. Il s’agit d’un véritable outil de pilotage, comparable à un GPS. Il permet de vérifier si l’idée est viable, d’estimer les coûts, d’anticiper les risques et de définir une stratégie claire.

Beaucoup d’entreprises échouent non pas par manque d’idées, mais par manque de préparation. Le business plan sert donc autant à convaincre des partenaires ou des financeurs qu’à se convaincre soi-même de la solidité de son projet.

2. Choisir la bonne forme juridique

Le choix de la forme juridique est une décision majeure, car elle a un impact direct sur les responsabilités personnelles et la situation financière de l’entrepreneur. En Suisse, trois formes sont particulièrement courantes :

L’entreprise individuelle (indépendant)
Elle est simple et rapide à créer. En revanche, en cas de dettes, le patrimoine personnel (économies, biens, logement) peut être utilisé pour rembourser les créanciers.

La société à responsabilité limitée (SARL)
La responsabilité est limitée au capital investi dans l’entreprise. Le patrimoine personnel est donc protégé. Un capital minimum de 20’000 CHF est requis.

La société anonyme (SA)
Elle est adaptée aux projets plus importants ou impliquant plusieurs actionnaires. Le capital minimum est de 100’000 CHF, et la responsabilité des actionnaires est limitée à leur apport. La SA implique une structure plus formelle, avec des obligations comptables, un organe de direction et la possibilité d’émettre des actions pour attirer des investisseurs.

3. Inscription au registre du commerce

Pour officialiser son activité, l’entreprise doit être inscrite au registre du commerce. Cette inscription est obligatoire pour presque toutes les entreprises, à l’exception des indépendants dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 100’000 CHF.

Le coût dépend de la forme juridique, mais il faut compter au minimum 400 CHF pour une SA ou une SARL. Il est important d’être vigilant : certaines entreprises reçoivent de fausses factures ou de faux courriers se faisant passer pour des organismes officiels. Il est donc essentiel de passer uniquement par les sites officiels du canton.

4. Trouver des pistes de financement

Le manque de fonds est une difficulté fréquente au démarrage. Les revenus mettent souvent du temps à arriver et les banques se montrent généralement prudentes tant que l’entreprise n’a pas démontré sa viabilité, ce qui peut prendre 3 à 4 ans.

Plusieurs solutions existent :

  • lancer une campagne de financement participatif ;
  • se faire accompagner par des structures genevoises comme la FAE, Fondetec ou le Réseau Entreprendre ;
  • participer à des prix et concours entrepreneuriaux, qui permettent de gagner des fonds, de la visibilité et de développer son réseau ;
  • conserver un emploi en parallèle ;
  • demander des acomptes aux clients ou des délais de paiement aux fournisseurs ;
  • faire appel à des business angels, des investisseurs privés qui apportent des fonds en échange d’une part de l’entreprise.

5. Anticiper les impacts fiscaux pour les entrepreneurs

Une entreprise est soumise à plusieurs types d’imposition :

  • l’impôt sur le bénéfice, qui concerne l’argent généré par l’activité ;
  • l’impôt sur le capital, qui porte sur l’argent investi et les éléments détenus par l’entreprise (machines, véhicules, stocks, bâtiments, matériel informatique, etc.).

L’inscription à la TVA est obligatoire dès que le chiffre d’affaires dépasse 100’000 CHF par an.

À Genève, une spécificité importante est à prendre en compte : la valeur de l’entreprise elle-même, considérée comme un outil de travail, est intégrée dans l’impôt sur la fortune, même si l’entreprise ne dispose pas encore de liquidités importantes.

Bonne nouvelle toutefois : il existe des aides, soutiens et déductions fiscales, notamment pour la recherche et développement. Ces avantages ne sont pas automatiques et doivent faire l’objet de démarches spécifiques.

6. S’entourer et développer son réseau

Réussir en tant qu’entrepreneur passe aussi par la capacité à bien s’entourer. Participer à des événements entrepreneuriaux, s’appuyer sur les chambres de commerce, les organisations patronales et les structures d’accompagnement locales permet de gagner en visibilité, en compétences et en opportunités.

Enfin, un point essentiel : les entrepreneurs qui réussissent sont ceux qui savent s’adapter, apprendre et évoluer en permanence. À vous de jouer !