Les écarts persistent entre femmes et hommes

Certains indicateurs montrent des progrès vers l’égalité entre femmes et hommes. Mais à Genève, plusieurs écarts persistent encore, notamment dans les salaires ou le temps partiel.

À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, les statistiques rappellent une réalité contrastée : l’égalité progresse, mais lentement. L’un des indicateurs les plus emblématiques reste l’écart salarial. À Genève, en 2020, le salaire net moyen des femmes est inférieur de 7,9 % à celui des hommes à compétences, caractéristiques et taux d’activité équivalents. Une différence qui s’est réduite au fil des années, mais qui montre que l’égalité salariale n’est pas encore pleinement atteinte.

Le temps partiel reste très féminin

Sur le marché du travail, le temps partiel demeure largement féminin. À Genève, 45 % des femmes actives occupées travaillent à temps partiel, contre 17 % des hommes. Ce choix est souvent lié à l’organisation familiale, les femmes assumant encore une part importante de la garde des enfants et des tâches domestiques. Or, le temps partiel peut freiner la progression de carrière et peser sur les revenus à long terme.

Dans les postes de direction, la progression existe mais reste modeste. En Suisse, la part des femmes occupant une fonction dirigeante atteint 37,7 % en 2025, contre 35,9 % en 2022. Le plafond de verre semble se fissurer, mais il est loin d’avoir disparu.

Des modèles familiaux encore très marqués

Les modèles familiaux restent eux aussi marqués par des schémas traditionnels. À Genève, 29 % des couples travaillent tous deux à plein temps. Mais dans 25 % des cas, l’homme travaille à plein temps et la femme à temps partiel, tandis que 14 % des ménages correspondent encore au modèle homme actif et femme au foyer. À l’inverse, les situations où la femme travaille davantage que son conjoint restent marginales.

Ces déséquilibres se retrouvent également dans les situations de précarité. Les familles monoparentales féminines sont plus exposées au risque de pauvreté : 30,4 % des mères seules sont concernées, contre 20,1 % des pères seuls. Et les mères sont cinq fois plus nombreuses que les pères à élever seules leurs enfants.

Pris ensemble, ces chiffres dessinent une réalité contrastée. Certains indicateurs évoluent lentement, comme la présence des femmes dans les fonctions dirigeantes. D’autres, en revanche, restent très marqués, à l’image du temps partiel ou de la répartition des rôles au sein des couples. À Genève comme ailleurs, l’égalité entre femmes et hommes apparaît ainsi comme une dynamique encore incomplète