Un projet de budget à nouveau très déficitaire
Malgré des ajustements, le canton prévoit 599,4 millions de francs de déficit, sous l’effet de charges contraintes et d’une croissance des dépenses supérieure aux revenus.
Le canton de Genève a présenté lundi une nouvelle version de son budget pour 2026, après le refus d'une première mouture en décembre par le Grand Conseil.
Le budget 2026 bis affiche un déficit de 599,4 millions de francs. Une amélioration de 88 millions par rapport au projet amendé de novembre 2025 (687 millions de francs), mais un montant supérieur au déficit initial présenté en septembre (409,4 millions de francs).
«Les recettes restent solides», a souligné la conseillère d’État Nathalie Fontanet, «mais leur croissance ne permet désormais plus de contenir l’augmentation soutenue des charges.» Autrement dit, le problème n’est plus seulement conjoncturel, il devient structurel.
Au cœur de l'évolution du déficit: une hausse marquée des dépenses dites «contraintes». Elles progressent sous l’effet de mécanismes «difficiles à freiner», comme le vieillissement de la population ou encore l’augmentation des prestations sociales.
Les recettes fiscales ont été revues à la baisse de 154 millions de francs, notamment dans un contexte économique moins dynamique. À cela s’ajoute le gel de la participation des communes à la péréquation intercantonale, qui représente un impact de 109 millions de francs.
À l’inverse, certaines recettes ont été corrigées à la hausse, comme les revenus attendus de la Banque nationale suisse, à hauteur de 78 millions de francs.
Du côté des charges, la progression se poursuit. Les dépenses totales augmentent de 436,8 millions de francs, soit une hausse de 4%, contre 0,9% pour les revenus.
Des priorités recentrées
Le Conseil d’État indique avoir limité les dépenses aux besoins jugés indispensables, permettant une réduction de 74 millions. Parmi eux figurent notamment les subventions aux transports publics genevois, les investissements informatiques essentiels et le financement d’établissements pour personnes en situation de handicap.
Les annuités pour les fonctionnaires en 2026 ont été gelées, entraînant une économie de 60 millions de francs.
Pour tenter de sortir de l’impasse, un plan d’économies structurelles (ECOGE) est en préparation. Il devrait être présenté d’ici l’été, avec pour objectif d’économiser 500 millions de francs et de freiner durablement la progression des charges. Le Conseil d’État promet des arbitrages, mais reconnaît que les marges sont étroites.
Un cadre jugé contraignant
Le gouvernement souligne que ce nouveau budget a été élaboré dans un délai limité après le refus du premier projet. Il remet en cause le délai légal de trois mois pour présenter une nouvelle version, estimant qu’il ne permet pas d’apporter des modifications substantielles.
«On a cherché la baguette magique, on ne l’a pas trouvée», a déclaré Nathalie Fontanet, évoquant la difficulté de trouver rapidement plusieurs centaines de millions d’économies. Un projet de loi a ainsi été déposé pour modifier ce cadre.
Le budget 2026 bis doit désormais être examiné par le Grand Conseil. Deux options sont possibles: un refus direct ou un renvoi en commission pour modifications.
En cas d’absence d’accord, le canton pourrait fonctionner dès le mois de mai sous le régime des douzièmes provisoires. Ce mécanisme consiste à répartir le budget précédent en douze parts mensuelles, limitant les dépenses à une part par mois.