«Watches and Wonders fait rayonner Genève à l’international»
Alors que Watches and Wonders ouvre ses portes à Genève, le président de la fondation éponyme Cyrille Vigneron souligne le rôle d’un salon en pleine expansion, devenu essentiel pour la ville et pour l’ensemble de l’industrie horlogère.
Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle édition?
Nous sommes dans un état d’esprit très positif. Le salon continue de s’étendre, le nombre de marques présentes augmente, tout comme l’activité en ville. Genève gagne en attractivité et en dynamisme. Nous abordons donc ce rendez-vous avec confiance : aujourd’hui, tout se passe bien.
C’est l’événement suisse le plus important de l’année et, sans doute, le principal rendez-vous horloger mondial.
Que représente Watches and Wonders pour le secteur horloger?
C’est l’événement suisse le plus important de l’année et, sans doute, le principal rendez-vous horloger mondial. Il constitue le point d’orgue de la saison. Il y a quelques années, on pouvait penser que les salons n’avaient plus vraiment de raison d’être, notamment pendant la période du Covid, où le digital a pris une place considérable. Mais le paradoxe est là : plus les outils numériques se développent, plus le besoin d’ancrage dans la réalité se renforce. On le constate dans les musées et les grandes expositions, qui attirent toujours plus de visiteurs en quête d’émotions authentiques. Or, l’horlogerie est à la fois technique et culturelle. Elle dépasse largement la simple fonction de donner l’heure. Elle nécessite donc des moments physiques pour être pleinement ressentie.
Parlons de Genève. Quel rôle joue finalement Watches and Wonders pour le canton?
Les retombées économiques directes sont importantes. Palexpo est mobilisé pendant près de trois mois pour le montage et le démontage. C’est devenu le principal salon de Genève, d’autant que d’autres événements ont disparu ou perdu en importance. On parle d’environ 50 000 nuitées, ce qui génère une forte activité pour les hôtels, les restaurants et les transports. Mais au-delà de l’économie, c’est un formidable outil de rayonnement. À l’image de Paris ou Milan avec leurs semaines de la mode, Genève a besoin d’un événement d’envergure internationale pour exister sur la carte mondiale.
Pendant cette semaine, le monde entier regarde Genève.
Quel est l’impact à l’international?
Il est considérable. Des dizaines de milliers de personnes se rendent physiquement au salon, mais l’audience numérique est encore plus impressionnante, avec une portée estimée à environ 700 millions de personnes. Pendant cette semaine, le monde entier regarde Genève. C’est essentiel pour éviter que des villes de taille moyenne ne disparaissent du radar international. On le voit avec certains événements qui se délocalisent. Il est donc crucial que Watches and Wonders reste à Genève et continue de gagner en ampleur.
Genève peut-elle se revendiquer capitale mondiale de l’horlogerie?
Absolument, et elle doit le faire. C’est ici que l’on trouve la plus grande concentration de marques, qu’elles soient grandes, moyennes, petites ou indépendantes. Avec 65 marques réunies, Genève est le seul endroit au monde offrant une telle diversité. Cela la positionne clairement comme capitale mondiale de l’horlogerie.
Quel est le petit «plus» de Genève?
C’est la richesse de l’écosystème. Contrairement aux zones de distribution, où l’on rencontre surtout des détaillants, Genève rassemble toute la chaîne de valeur, y compris les créateurs indépendants. Le Carré des Horlogers leur offre une visibilité unique.
Vous ouvrez aussi le salon au grand public, avec des événements en ville. Pourquoi?
À l’origine, c’était un salon strictement professionnel. Mais la demande d’ouverture s’est fortement accrue. Avec les événements en ville, notamment «In the City», nous proposons une véritable célébration accessible à tous. L’horlogerie peut être exclusive, mais elle doit aussi être invitante. Même sans pouvoir acquérir une pièce, chacun peut admirer, toucher, apprendre. La formation, notamment via la Fondation de la Haute Horlogerie, connaît d’ailleurs un succès croissant. L’horlogerie est un domaine culturel, comparable à l’art. On peut apprécier une œuvre sans la posséder. Il est donc essentiel de la rendre accessible à tous les publics.
Certains experts estiment que le salon n’a pas encore atteint son plein potentiel, notamment en termes de taille. Qu’en pensez-vous?
Oui, il existe encore une marge de progression. La demande des exposants est forte. L’extension dépend toutefois de contraintes logistiques, notamment la capacité hôtelière de Genève. Une fois certaines rénovations achevées, il sera possible d’agrandir encore le salon.