Genève et la Suisse fêtent leurs 211 ans de mariage
Après la restauration de la République le 31 décembre 1813, Genève engage un long processus diplomatique et politique qui conduira la Cité Calvin à rejoindre officiellement la Confédération helvétique le 19 mai 1815.
Voilà plus de deux siècles que Genève a officiellement rejoint la Suisse. Pour comprendre les raisons qui ont poussé la Cité à rejoindre les confédérés en mai 1815, il convient de faire un saut dans le riche passé historique de Genève.
Entre le XVe et le XVIe siècle, Genève construit progressivement son indépendance politique, tout en développant des liens économiques puis militaires avec les confédérés. Plusieurs voix genevoises sont alors favorables à un rapprochement plus étroit avec les cantons suisses. Ce fut le début d’une histoire commune, qui se concrétisera officiellement plusieurs siècles plus tard.
Entre-temps, l’histoire faisant son œuvre, Napoléon devient empereur à la fin du XVIIIe siècle. Genève perd alors sa souveraineté : en 1798, les troupes françaises annexent la Cité. Puis, quinze années durant, le territoire genevois fera partie de la France d’alors. Pendant cette période, sa situation économique se détériore, au milieu d’une Europe fragmentée par la guerre. Les défaites militaires de l’empereur changeront cependant le cours de l’histoire : le 30 décembre 1813, peu avant l’abdication de Napoléon, les troupes françaises se retirent de Genève et sont remplacées dans la journée par l’armée autrichienne. Un jour plus tard seulement, l’indépendance de Genève est restaurée.
L’arrivée des troupes suisses
Très rapidement, à l’aube de l’année 1814, un nouveau gouvernement genevois provisoire est constitué. Conscient de la nécessité de ne plus faire cavalier seul dans une Europe redessinée, il sollicite les représentants suisses afin de faire entrer Genève dans la Confédération. Plusieurs cantons affichent une forme de réticence, notamment pour des raisons politiques : Genève est en effet précédé par sa réputation. Considéré comme une petite république au fort esprit d’indépendance, marqué par une tradition politique contestataire et par son rôle historique dans le protestantisme, ces différents éléments alimentent la réserve des cantons catholiques.
La Diète accepte toutefois, dans un premier temps, de renforcer les rangs militaires genevois, en envoyant des troupes soleuroises et fribourgeoises afin de sécuriser la région dans un contexte européen encore instable, marquant le premier pas vers l’union.
L’entrée officielle de Genève dans la Confédération
Le mariage n’interviendra que peu de temps après. En septembre 1814, la Diète fédérale vote : les entrées du Valais, de Neuchâtel et de Genève dans la Confédération sont confirmées. Ce sera finalement le 19 mai 1815 que Genève unira officiellement son destin à celui de la Suisse en devenant le 22e canton du pays.
Cette intégration fut notamment rendue possible par une redéfinition des frontières genevoises lors des traités de Paris et de Turin, permettant à Genève d’obtenir plusieurs communes voisines et surtout une continuité territoriale avec la Suisse. Une nouvelle constitution genevoise sera également adoptée dans ce contexte.
Genève fête cette année ses 211 ans d’attache avec la Suisse. Plus de deux siècles se sont écoulés et cette union continue de façonner l’identité de Genève : une cité ouverte sur le monde, profondément internationale, mais également ancrée dans la stabilité institutionnelle suisse.