Genève autorise la manifestation No-G7 malgré les craintes
Le Conseil d’État genevois autorise la manifestation No-G7 du 14 juin. Contrôles renforcés aux frontières, aide de 6 millions aux entreprises et restrictions d’événements: les autorités détaillent les principales mesures.
À un mois du sommet du G7 à Évian, le Conseil d’État genevois a tranché: la manifestation No-G7 du 14 juin est autorisée. Une décision sensible, prise malgré les inquiétudes des milieux économiques et le souvenir encore vif des violences de 2003. Le cortège se déroulera en rive droite, sous conditions. Son parcours exact reste à définir. «Les discussions se poursuivent», indiquent les autorités, qui conditionnent l’autorisation à un accord avec les organisateurs.
«La rive droite s’impose en raison de sites symboliques sensibles sur la rive gauche, de l’arrivée des manifestants par la gare Cornavin et de la dimension internationale qui pourrait dépasser les 10’000 manifestants», explique Carole-Anne Kast, conseillère d’État.
Pour les autorités, autoriser la manifestation permet aussi un meilleur encadrement. «Une manifestation autorisée suit un parcours défini à l’avance, ce qui permet de mieux canaliser la foule, identifier plus facilement les éléments perturbateurs et éviter des cortèges sauvages», souligne la commandante de la police cantonale, Monica Bonfanti.
Une aide de 6 millions en cas de dégâts
Anticipant d’éventuels débordements, le gouvernement a adopté un projet de loi prévoyant une aide financière extraordinaire de 6 millions de francs pour les entreprises touchées.
Ce dispositif, qui doit encore être validé par le Grand Conseil, couvrira les dommages matériels: vitrines, façades, locaux commerciaux, équipements ou marchandises. L’État interviendra de manière subsidiaire aux assurances privées.
Le Conseil d’État entend par ailleurs solliciter la France pour qu’elle «assume sa part» et demandera le remboursement des montants engagés, en coordination avec la Confédération.
«Contrairement à 2003, l’idée est d’avoir un dispositif prêt à être utilisé dès que des déprédations sont commises. Le Conseil d’État comprend les traumatismes de 2003 qui ont marqué les commerces et entreprises», relève la conseillère d’État Delphine Bachmann.
Frontières sous tension
Du 11 au 18 juin, les contrôles aux frontières seront renforcés, avec des ralentissements attendus aux points de passage.
Pour limiter l’impact sur certains secteurs, un système de macarons sera mis en place. Il permettra de faciliter les déplacements du personnel essentiel, notamment dans la santé, la sécurité ou les infrastructures critiques comme les TPG, les SIG ou l’aéroport.
Le précédent du G8 dans tous les esprits
La décision d’autoriser la manifestation intervient dans un contexte marqué par le souvenir du G8 d’Évian en 2003. À l’époque, Genève avait été le théâtre de violentes émeutes après un rassemblement de près de 100’000 personnes.
Vitrines brisées, commerces pillés, bâtiments dégradés: les dégâts s’étaient chiffrés en millions, laissant une empreinte durable dans le débat politique genevois.
«Cette fois, le dispositif visible de maintien de l’ordre sera déployé jour et nuit. Nous avons tiré les leçons de 2003, où de nombreux troubles avaient éclaté avant même la manifestation», insiste Monica Bonfanti.
Le dossier reste explosif. Le Grand Conseil doit encore se prononcer, le 28 mai, sur un projet de loi visant à restreindre temporairement le droit de manifester pendant la période du G7.
En parallèle, les autorités ont décidé de limiter les événements au centre-ville du 1er au 28 juin. Si le Bol d’Or, la Fête de la musique et la Fête des écoles sont maintenus, la fan zone du Mondial 2026 a été annulée.
Développement suit.