La Session des jeunes investit le Grand Conseil
Près de 80 jeunes de 14 à 25 ans ont investi la salle du Grand Conseil à l’occasion de la Session des jeunes du 11 au 13 mars. Le temps de quelques jours, ils découvrent les rouages de la démocratie cantonale : débats, amendements et votes, avec des propositions qui pourraient, à terme, être transmises au Grand Conseil.
À Genève, la démocratie s’apprend aussi en pratique. La scène pourrait être celle d’une session ordinaire du Grand Conseil genvois. Dans la salle, les prises de parole s’enchaînent, les amendements sont débattus et les votes s’organisent. Mais ce vendredi, les visages sont plus jeunes qu’à l’accoutumée.
Près de 80 participants âgés de 14 à 25 ans ont pris place dans les fauteuils du parlement cantonal à l’occasion de la Session des jeunes. Pendant plusieurs jours, ils se glissent dans la peau de députés : ils rédigent des textes, défendent leurs idées à la tribune et tentent de convaincre leurs pairs.
La mécanique parlementaire est respectée jusque dans les détails. Deux minutes pour prendre la parole, pas une de plus. Et lorsque le temps s’écoule, la mythique cloche retentit pour rappeler à l’orateur que son intervention touche à sa fin. Un signal qui a résonné à plusieurs reprises, preuve que les débats ont été passionnés.
Mobilité et culture au cœur des discussions
La matinée a été consacrée à deux grands thèmes : la mobilité et la culture. Sur la question des transports, les jeunes ont débattu d’une proposition visant à améliorer la mobilité et à renforcer l’égalité d’accès aux transports dans le canton. Parmi les idées discutées : la création de vignettes payantes pour les véhicules circulant à Genève. Ces vignettes seraient différenciées selon le type de véhicule utilisé, et les recettes alimenteraient un fonds cantonal destiné à financer le développement des transports publics et des parkings relais (P+R) dans le Grand Genève.
Autre sujet fort : l’accès à la culture. Les participants ont défendu une pétition visant à renforcer l’accessibilité et la décentralisation culturelle grâce à un abonnement «demi-tarif». Celui-ci serait valable dans les institutions culturelles publiques du canton et accessible notamment aux résidents du canton, aux personnes travaillant à Genève ainsi qu’aux jeunes en formation. Plus tard, ce seront les thèmes de l'enseignement, l'aménagement, la sécurité et la police, et la santé, qui seront abordés.
Comme dans un véritable parlement, les amendements sont soumis au vote. Ici, pas de système électronique : les personnes favorables se lèvent et sont comptées. Puis les personnes défavorables et enfin les abstentions. Lors d’un vote particulièrement disputé sur la mobilité, les voix se sont retrouvées à égalité, obligeant l’assemblée à procéder à un nouveau scrutin. Après l'étonnement, les applaudissements ont retenti dans la salle.
Une première immersion dans la vie politique
Pour le Parlement des Jeunes Genevois, qui organise l’événement, cette session est avant tout une manière de rapprocher les jeunes de la vie publique. Gabriel Haddad, co-président de la Session des Jeunes, rappelle que l’exercice ne se limite pas à une simple simulation.
«Les jeunes ne font pas qu’un jeu de rôle : ils portent de vraies propositions, qui peuvent aller jusqu’au Grand Conseil», explique-t-il. Les motions acceptées durant la session peuvent en effet être transmises aux autorités cantonales sous forme de pétitions
«Pour beaucoup, c’est un premier pas très concret dans la démocratie genevoise»
Selon lui, cette expérience constitue souvent un premier contact concret avec les institutions. «Pour beaucoup, c’est un premier pas très concret dans la démocratie genevoise», souligne-t-il.
Le co-président se dit également impressionné par le niveau et la qualité des discussions cette année, évoquant aussi l’engagement des participants. «Il y a beaucoup d’enthousiasme et une vraie envie d’agir pour le canton».
Certains thèmes suscitent d’ailleurs des échanges particulièrement animés. «Les débats les plus intenses ont porté sur la sécurité, preuve que ces sujets mobilisent les jeunes», ajoute-t-il.
Le temps de quelques jours, l’Hôtel de Ville devient ainsi un véritable laboratoire démocratique, où une nouvelle génération découvre, et pratique déjà, les mécanismes de la politique genevoise.