À Genève, la criminalité recule… mais la violence progresse

Le nombre d’infractions diminue en 2025 dans le canton. Mais derrière cette baisse, plusieurs indicateurs restent orientés à la hausse, notamment les cambriolages et home-jacking.

Genève affiche une baisse de la criminalité en 2025. Selon les dernières statistiques, 50’020 infractions au Code pénal ont été enregistrées, contre 52’146 l’année précédente, soit un recul de 4% (contre -2% au niveau suisse).

Une évolution que les autorités ne manqueront pas de souligner. Mais ce recul reste relatif: il s’agit toujours du deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré dans le canton.

Des violences en hausse 

Dans le détail, la diminution s’explique principalement par le recul des infractions contre le patrimoine (-7%) et de celles contre l’intégrité sexuelle (-6%). Les viols diminuent ainsi de 8%, passant de 142 à 131 cas.

Les brigandages sont également en baisse, avec 218 cas contre 274 en 2024. Un chiffre toutefois supérieur à celui de 2023 (163 cas), ce qui relativise la tendance.

À l’inverse, les infractions contre la vie et l’intégrité corporelle progressent de 7%, atteignant 2’291 cas. Les violences domestiques franchissent quant à elles le seuil des 2’000 cas, avec 2’008 situations recensées (+4%).

Les cambriolages repartent également à la hausse (+7%), avec 3’410 cas. Les cas de home-jacking, soit des intrusions violentes dans des logements occupés, passent de 15 à 18 affaires.

Moins de cybercriminalité, mais des pertes plus lourdes

La cybercriminalité recule nettement en 2025 (-27%), avec 2’963 cas recensés. Cette baisse concerne notamment les cyber-escroqueries (-36%) et la cybercriminalité économique (-29%). Dans le même temps, le phishing progresse de 33%, et, surtout, les montants en jeu augmentent. Le préjudice total atteint 29 millions de francs, contre 22 millions en 2024, et le préjudice médian passe de 400 à 900 francs. Moins de cas, donc, mais des conséquences financières plus importantes pour les victimes. 

Sur le terrain, la lutte contre le deal de rue reste intensive. La police y a consacré 29’326 heures d’intervention en 2025, dont près de la moitié liées au crack.

À l’échelle nationale, Genève reste l’un des cantons les plus touchés par la criminalité. Avec 94,2 infractions pour 1000 habitants, il affiche la deuxième fréquence la plus élevée de Suisse, derrière Bâle-Ville.

À l’intérieur du canton, la Ville de Genève arrive en tête, suivie notamment du Grand-Saconnex, de Puplinge ou encore de Bardonnex. Plusieurs de ces communes sont situées à proximité de la frontière, où les fréquences restent particulièrement élevées.