«Nous voulons renforcer les liaisons long-courriers depuis Genève»

Genève Aéroport affiche de solides résultats financiers et entend poursuivre son développement, malgré un contexte international incertain. Entretien avec son nouveau directeur général, Jean-François de Saussure.

Malgré un environnement international incertain, Genève Aéroport affiche des résultats solides. En 2025, la plateforme a accueilli 17,8 millions de passagers, un niveau stable sur un an et reversé 52,9 millions de bénéfice à l’État de Genève. Mais derrière ces performances, certaines fragilités apparaissent: la crise au Moyen-Orient pèse sur le trafic et la Genève internationale traverse une phase délicate. Dans ce contexte contrasté, entre résilience et incertitudes, l’aéroport entend poursuivre son développement. 

Genève Aéroport a inauguré l’an dernier un vol direct vers Shanghai. Quel bilan en tirez-vous?
Le bilan est extrêmement positif. Le taux de remplissage dépasse 50% sur cette liaison. Une partie de la clientèle qui transitait auparavant par les hubs du Golfe privilégie désormais un vol direct vers Shanghai ou Pékin. La présence de compagnies comme Air China et China Eastern renforce cette dynamique. Ces liaisons long-courriers directes constituent un axe stratégique important.

Regardez-vous de nouvelles destinations, comme Singapour?
Le développement de nouvelles lignes directes long-courriers figure parmi les priorités stratégiques. Des discussions avancées sont en cours pour une liaison avec Singapour, avec de réelles perspectives de succès. D’autres pistes sont également explorées, notamment vers l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, avec un projet de vol direct vers São Paulo. Une ouverture vers Singapour pourrait intervenir à l’horizon 2027.

Avec la hausse des passagers et plus de 50 millions de bénéfice, que retenez-vous de l’exercice 2025?
L’élément le plus encourageant réside dans le redressement de la rentabilité. Genève Aéroport démontre sa capacité à dégager des résultats solides tout en poursuivant son développement. Cette performance permet également de contribuer significativement aux finances publiques.

Genève Aéroport étant détenu par l’État, combien lui a été reversé?
La moitié du résultat net est reversée à l’État de Genève. Pour l’exercice 2025, cela représente 52,9 millions de francs. Cette contribution reflète le rôle de l’aéroport en tant qu’entité publique au service du canton.

La Genève internationale traverse une période compliquée. Quel impact sur l’activité de l’aéroport à l’avenir?
Le nombre de conférences organisées à Genève reste stable, ce qui constitue un signal positif. En revanche, les restrictions budgétaires au sein des organisations internationales entraînent une diminution des déplacements. Entre 10% et 13% des fonctionnaires internationaux sont concernés, ce qui réduit tant les voyages professionnels que privés. Cette tendance, amorcée en 2025, devrait se poursuivre, voire s’accentuer en 2026. Genève Aéroport s’appuie toutefois sur une capacité accrue de prévision et d’adaptation des flux de passagers pour faire face à cette évolution.